James Gray : un potentiel à découvrir

28 avril 2015

Aujourd’hui, je voulais vous faire part d’un réalisateur de film que j’aime beaucoup et dont je partage l’ensemble de ses analyses : James Gray

Little Odessa, The Yards, Two lovers, la nuit nous appartient … c’est lui. Ce sont des films rares et uniques.
J’ai voulu m’intéresser à sa méthode, à sa manière de fonctionner. J’ai lu de nombreux articles et ai trouvé quelques pépites … que je vais vous partager.
Lors d’une interview pour un cahier spécial dans Télérama, James Gray nous éclaire sur sa méthode et son potentiel.

Voici un florilège de ses écrits inspirants pour les comédiens, les réalisateurs et pour tous les créatifs.

Par rapport au travail du personnage dans ses films :

«Il faut que leur personnage trouvent leur épaisseur. Qu’on sente leur passé, leurs motivations, sans avoir à les expliquer. Si le comédien connait la vie et les émotions de son personnage, s’il a pu l’explorer lors des improvisations, c’est en lui et on n’a plus besoin de le souligner pour que le public le ressente. Ça prend parfois des chemins tortueux. Quand je travaillais avec Mark Wahlberg sur The Yards, je lui parlais de la métamorphose de Kafka. J’imaginais de longs couloirs obscurs , un fort sentiment de claustrophobie et je disais à Mark : Pense que tu es un cafard, un etre qui ne sait pas comment paraitre au grand jour.
Je parle beaucoup de moi aux comédiens pendant les répétitions. Je livre des détails pas très ragoutants sur ma personnalité. Je me dis qu’ils doivent tout savoir de moi si j’attends d’eux qu’ils se dévoilent. Je les emmène aussi en repérages. Je leur montre des lieux, des gens, je prends des photos, on se parle peu, ils observent. Je n’essaie pas de faire passer des idées, mais de pointer des détails qui typent leur appartenance sociale. Les acteurs apprécient les détails. Charlize Theron, pour son personnage s’est inspiré d’une fille qu’on a croisée dans le Queens et qui portait un t-shirt de Blondie, une petite brunette avec beaucoup de mascara…

 

Sur son travail de longue durée avec avec un acteur en particulier. Pour lui, c’est avec Joaquin Phoenix :

« C’est un jeune garçon quand j’ai commencé à travailler avec lui.
J’aime beaucoup ce compagnonnage entre un metteur en scène et un comédien, Akira Kurosawa et Toshiro Mifune, Federico Fellini et Marcello Mastroianni, Martin Scorsese et Robert de Niro. Leur relation a muri et s’est étoffée avec les années. On voit de Niro vieillir a l’écran, et Scorsese l’accompagne, prend de l’âge en même temps que lui. Ils progressent ensemble, mais la vie leur fait aussi faire des pas de côté. Ils régressent parfois puis retrouve la flamme. Sous nos yeux. Je trouve ça magnifique. »

Moi aussi 😉

 

Enfin, quelle est la véritable mission de James Gray ?

Voici ce qu’il cherche à obtenir en réalisant des films :

« Mon grand souci, c’est l’intelligence et la vérité émotionnelle. Le peintre Edward Hopper disait : « mes toiles sont la transposition la plus exacte de mes impressions les plus intimes ». C’est ce que j’essaie de faire : des choses que je ne peux pas toujours expliquer et qui offrent le reflet de mes sentiments les plus intimes. »

Je partage tout à fait cette vision de l’art.
J’espère que cela vous a plu.

 

A bientôt.